Winnicott sur créativité et soumission

« Tout compte fait, notre théorie présuppose que vivre créativement témoigne d’une bonne santé et que la soumission constitue, elle, une mauvaise base de l’existence. »

Donald W. Winnicott oppose ici deux façons de vivre, la vie créative et la vie soumise, dont la signification apparaît dans les citations ci-après. La vie soumise aurait selon lui une composante pathologique. Il y a peut-être ici une analogie à faire  avec le « démon du midi » qui frappait les moines du désert ou encore, plus près de nous, avec l’ennui qui advient, selon le philosophe chilien Humberto Giannini (voir « Giannini sobre el aburrimiento » et la réflexion attachée). Voir aussi « Winnicott sur la frustration du jeune enfant« .


« Le lecteur consentira, je l’espère, à envisager la créativité dans son acception la plus large, sans l’enfermer dans les limites d’une création réussie ou reconnue(…) » p.127

« Il s’agit avant tout d’un mode créatif de perception qui donne à l’individu le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue ; ce qui s’oppose à un tel mode de perception, c’est une relation de complaisance soumise envers la réalité extérieure : le monde et tous ces éléments sont alors reconnus mais seulement comme étant ce à quoi il faut s’ajuster et s’adapter. La soumission entraîne chez l’individu un sentiment de futilité, associé à l’idée que rien n’a d’importance. » p.127.

« Cette seconde manière de vivre dans le monde doit être tenue pour une maladie, au sens psychiatrique du terme. Tout compte fait, notre théorie présuppose que vivre créativement témoigne d’une bonne santé et que la soumission constitue, elle, une mauvaise base de l’existence. » p.127-128.

Source : D.W. Winnicott, « Jeu et réalité », Folio, 2003. Pages 127-128.

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